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samedi 11 avril 2026

TELEGRAPH ROAD (AGAIN)

C'est parti pour Provin en ce samedi d'avril. Il reste assez de Gasoil dans la voiture ce qui est particulièrement cool vu le prix à la pompe, merci à l'autre taré d'outre atlantique.
Nous faisons étape chez mes amis Marc et Isabelle (qui habitent sur la route) et que mon Hélène ne connait pas. Petite après midi canapé sympa à manger du quatre quarts en buvant du thé pendants que Marc enchaîne les  vinyles sur sa platine.
Nous nous rendons ensuite à l'hébergement qui est... une maison de vieux! Ma foi la chambre est tout confort et nous avons tout les services.
Courte pause et nous partons pour ce qui nous semble être la meilleure pizzeria du coin. Il reste heureusement une table et nous mangeons en moins d'une heure pour ne pas rater le début... Je n'en ai pas parlé mais si vous êtes là c'est que vous voyez l'affiche ci-contre. Nous sommes à l'autre bout de l’île de France pour revoir Telegraph Road, ce petit cover band de Dire Straits qui nous a ravi en 2018, à Paray Vieille Poste. Ils ont fait une date proche de chez nous à Taverny mais nous n'avons pas eu la chance d'avoir des places. Nous nous sommes donc vengés sur Provin, un peu loin mais accessible.
 
La pizza avalée (plutôt bonne) nous filons au Centre Culturel Saint Ayoul ou nous avons réservé deux place. Pas de Merch évidemment, nous entrons direct avant de passer aux toilettes et.. nous sommes les derniers à nous installer. 
Petite présentation d'un élu locale et le concert commence. J'ai pris la décision de ne rien filmer ce soir et de profiter à 100% du moment. Je suis coté escaliers, 3e rang, Hélène à ma droite. Franchement très bien placés.

Le groupe arrive. Il n'y a pas de décor, comme toujours pour ce genre de prestation. Les première percussions sonnent. Je reconnais immédiatement "Calling Elvis". Bonheur pour moi, avec ce titre pour lequel j'ai une affection particulière.

La formation est plus restreinte que le vrai Dire Straits. Une rythmique-chanteur, une lead, basse, saxo-clavier multifonctions, batteur et le clavier principal, fondateur du groupe. Pas de Pedal Steel, pas de percussionniste dédié (entre autres). Le son est excellent, pas trop fort, je n'ai pas besoin de bouchons.

Et cette fois je dois dire que l'émotion fut énorme. D'abord timide, le public s'est tranquillement réchauffé avec "Walk of life", puis encore jusqu'à "Private Investigation" dont j'ai trouvé le final réussi mais sans plus. La guitare pas assez crunchy, un peu trop rapide aussi.

Et c'est là, alors que le premier tiers du concert a été dépassé, qu'il s'est passé un truc... un trick plutôt, avec "Your lastest trick". Déjà c'est une des préférée d'Hélène, ensuite l'interprétation était vraiment cool avec le saxo, et puis une sorte de magie s'est opérée. Peut-être que les musiciens se sont détendus, ont switchés sur le fait que la salle était comble et que personne n'allait les manger. Allez savoir. "Lady Writer" (impeccable) et le chanteur sort une resonator (Gretch?!?) et le clavier commence l'orgue d'ouverture de "Tunnel of Love". Je décolle. Les larmes montent. J'ai 17 ans, je suis dans "Alchemy" en vrai et c'est juste parfait. Je la chante en entier (comme tout les titres de la soirée du reste) et j'embrasse mon épouse d'amour sur la phrase "I got a keepsake and a kiss" (évidemment).
Pour la suite, je suis resté "And I'm just high on this world" jusqu'à la fin. 
"Where you thing you going?" que j'adore, et puis les classiques : "Romeo & Juliet" réalisé au sublime, idem pour "Telegraph road" (que le groupe ne pouvait que réussir, sinon je ne vois pas pourquoi leur nom!). 
C'est déjà la fin, ou plutôt les traditionnels rappels, avec celles qui manquent et que tout le public, à présent chaud bouillant, attend. Personnellement je suis au bord de l'explosion, et ça y est, c'est l'heure des "Sultans". 
Mais bordel, c'est oui. Je suis sorti du rang pour aller sauter "tranquillement" dans les escaliers. Quel bonheur. Lors de la prestation de Paray Vieille poste, le solo avait été amputé. Cette fois non, il a été joué à la note mais un peu différent... A la Knopfler! C'etait dingue, j'y était, une fois de puis. Catapulté dans l'espace et le temps, à Bercy en 1992, inconscient du privilège que j'avais à l'époque.
Je retourne près de mon Hélène et nous dansons un peu côte à cote pout "Brothers in arms" avant de conclure sur l'inénarrable "Money for nothing" avec un public au plafond (à l'échelle de ce genre de public de salle de fond de banlieue voir de campagne).

La Setlist, que j'ai noté au fur et à mesure (Accuracy=100%)
 
1 - Calling Elvis 
2 - Walk of life
3 - Once upon a time in the west
4 - Down to the waterline
5 - Private investigation 
6 - Your latest trick
7 - Lady writer
8 - Tunnel of love
9 - Where you thing you going ?
10 - Romeo and juliet
11 - Télégraph Road
12 - The Bug
13 - Sultans of swing 
14 - Brother in arms
15 - Money for nothing 

La conclusion est qu'on a passé un excellent moment, voir un moment d'anthologie.
C'est un groupe cover, composés certes de de pros mais rien à voir avec une machine de compétition comme le groupe original (dissolu depuis plus de 30 ans) et le travail necessaire pour un tel résultat est énorme. Certes, le jeu de Mark est reproduit à 2 joueurs mais le résultat est là, on s'y croit! Les solos sont beaux et identiques aux lives officiels, ou mieux légèrement improvisés autour de la partition ce qui était la signature de l'auteur. Coté batterie, nickel. Le bassiste est impeccable et a parfaitement tenu la boutique. Le clavier était largement reussi et le saxo/divers faisait aussi très bien le job. Ils ont énormément progressé en 8 ans (déjà). Au final rien à dire si ce n'est d'aller les voir s'ils passent dans votre coin, c'est pas cher pour un tel moment. Si jamais on les recroise, on y retourne!
Nous sortons donc ravis et partons en quête d'un bar pour une bière.
Et celui "à schlagues" comme dit Hélène, qui nous a servi, à lui aussi fait le job. Nous finissons donc sur une bonne rigolade avant de rentrer à l'EHPAD.

Journée bien remplie, dodo mérité, départ le lendemain pour la maison et le retour au quotidien.

Prochaine étape : Les Fatals Picards 2, le retour! ça va bien délirer (mais sans Hélène cette fois).
Eux aussi, quelque part, sont les "Sultans of Swing"
 

(ajouter photos et billets)
 

mardi 19 novembre 2019

DIRE STRAITS EXPERIENCE : Vite fait, bien fait.

5 mois de pause... c'était long! Retour à la musique ce soir, dans une salle que nous ne connaissons pas : La Seine Musicale.

Le hasard a voulu que nous soyons 3 collègues du même bureau à aller voir ce show. Le rendez-vous before est donc donné à "La Terrasse". Hélène et moi arrivons en premier et nous installons autour d'une grande table ronde entre deux ours blancs et un babyfoot.
Surprise, y'a de la Duvel et du Colombelle. Nous y ajoutons un cornet de frites et commençons à grignoter. Aude nous rejoins, accompagné de son chéri Benoit. Ils commandent à leur tour et nous discutons en attendant Ismaël et sa future épouse. Il nous rejoindra mais pas elle, trop en retard.
Notre petit brunch expédié, nous nous pressons vers la salle. Les contrôles sont cool, pas de fouille au corps ni de portique, nous rentrons, ouf. Passage rapide au bar pour prendre quelques chips et un verre de vin et nous pénétrons dans la salle.


C'est Thomas Kahn qui ouvre ce soir. Nous assistons à la fin de son set. Il joue seul en scène guitare et chant, style soul. ça a l'air propre mais pas de jugement possible sur les quelques notes que nous entendons. Vu que ce n'est pas du tout mon genre, je ne pousserai pas jusqu'à aller écouter ses œuvres, il y a tant et tant déjà sur la liste... C'est donc l'entracte, 20 minutes.

 La salle de la Seine Musicale est magnifique. Elle est construite pour l’acoustique, cela se voit et s'entend. La capacité maximale est de 6000 places, ce qui est "petit" à l'heure actuelle.

 Nous sommes placés sur le coté droit en catégorie 2. Malgré cela, l'angle de vision reste bon et le son excellent! L'expérience a donc commencé... la Dire Straits Experience!
Etonnement, l'ouverture se fait sur Telegraph Road. Morceau fleuve et pièce de choix de la discographie de Dire Straits.... L'interprétation est impeccable, bien que le tempo soit un peu rapide. Quitte à pinailler, je pense qu'il y avait un peu trop de basses.

 Il n'y a pas si longtemps, Hélène et moi sommes allé voir Telegraph Road justement. Comme ce soir, il s'agissait d'un Cover Band mais cette fois le groupe est une entreprise de Chris White, Saxophoniste des deux derniers tours du groupe original. Excellent musicien, ce dernier a également joué avec le NYJO, mais aussi France Gall, Tom Jones, Brian Ferry... il était à Wembley avec Dire Straits pour le Live Aid et le Nelson Mandela 70th Birthday Tribute... Et a loupé de tourner avec les Pink Floyd à cause d'un accident de moto, ce qui veut dire que j'aurais du l'entendre ce jour là!
Ayant rejoué avec les Straits (autre cover band comptant Alan Clark, qu'on ne présente plus) son idée était de faire revivre l'esprit du groupe à travers ses plus grand hits... et la sélection parmi ces derniers est rude!
Evidemment, il n'est pas seul sur scène ce soir (même s'il donne l'impression d'être le centre de l'attention) et si Terence Reis est un guitariste aussi extraordinaire qu'inconnu, Chris Witten lui joue un répertoire qu'il connait bien. L'ensemble est plus que cohérent et produit un son fidèle à l'original que cela soit dans le ton ou l'interprétation à la note près. Il est dommage que la balance laisse une part trop belle au saxo. Même s'il s'agit de son groupe, sa tonalité écrase la strat' solo qui est la star du Dire Straits d'origine.
Le temps passe et les titres se succèdent, sur un tempo toujours trop rapide à mon goût. La couleur globale est étonnement plus proche d'Alchemy (1984, sans Chris White) que d'On The Night (1993). C'est propre et vraiment sans bavure, sans pain ; ce n'est plus un cover, c'est un véritable hommage religieux. J'avoue que certains titres m'ont arraché une larme (Romeo & Juliet, Tunnel Of Love, Brothers In Arms...) et Hélène a eu sa préférée (Your Latest Trick). Un changement de setlist m'a privé d'une de mes favorite (Where do you think you're going? au profit de Six blade Knife), dommage mais j'en ferais pas un drame.


Durant une pause, Chris White présente ses musiciens. Big Up to MICHEL !!!!


Les balades se terminent, voici le monumental Sultans of swing. toujours trop rapide, toujours trop de saxo, ce qui laisse un petite amertume. La perfection était proche!
Courte pause et nous repartons sur le deuxième incontournable : Money For Nothing.
C'est toujours très propre même si raccourci. Local hero, toujours la même nostalgie. La salle est debout depuis une bonne demie heure.


La Setlist : 
1 - Telegraph Road (Dire Straits cover)
2 - Walk of Life (Dire Straits cover)
3 - Romeo and Juliet (Dire Straits cover)
4 - Tunnel of Love (Dire Straits cover)
5 - Your Latest Trick (Dire Straits cover)
6 - The Man's Too Strong (Dire Straits cover)
7 - Expresso Love (Dire Straits cover)
8 - So Far Away (Dire Straits cover)
9 - Private Investigations (Dire Straits cover)
10 - Why Worry (Dire Straits cover)
11 - Six Blade Knife (Dire Straits cover)
12 - Once Upon a Time in the West (Dire Straits cover)
13 - Two Young Lovers (Dire Straits cover)
14 - On Every Street (Dire Straits cover)
15 - Brothers in Arms (Dire Straits cover)
16 - Sultans of Swing (Dire Straits cover)

Encore:
17 - Money for Nothing (Dire Straits cover)
18 - Going Home: Theme of the Local Hero (Mark Knopfler cover)


J'ai capté deux chansons. J'ai délibérément pris des titres moins connus, ce qui est relatif quand on parle de Dire Straits : 


So Far Away


On Every Streets



Voilà, retour en vitesse par la ligne 9. Ismaël et sa chérie nous retrouvent par hasard dans un wagon. Le trajet semble long sur la L, la nuit sera courte, on bosse demain... tout à l'heure.

L'expérience mérite d'être vécue même si rien ne pourra remplacer le groupe original. Mark Knopfler ayant fait ses adieux à la scène, il ne reste que les cover bands passionnés pour faire revivre en live cette musique si romantique. Pourquoi ne pas aller en écouter d'autres? Ils sont tous, quelque part, en accord avec les paroles de Mark :

And then the man, he steps right up to the microphone.
And says at last, just as the time bell rings, "
Goodnight, now it's time to go home."
And he makes it fast, with one more thing:"
We're the Sultans, "
We are the Sultans of Swing."


Vrai-faux billets recto versos...
Et pas de T-Shirt vu que pas de merchandizing....

lundi 17 juin 2019

MARK KNOPFLER : Going Home.

J'ai déjà du écrire ici que la vie est pleine de surprise, que les merveilles inattendues se cachent au détour d'un regard, que bla-bla, bla-bla on peut pas imaginer les "effets papillon" de certaines décisions, etc...
La musique est importante pour moi et j'aime partager ces sensations, ces frissons, cette forme de satisfaction jubilatoire. Hier soir je pense avoir grimpé une sorte de Kilimandjaro dans ce domaine en compagnie de mon Hélène. Je ne m'avance pas trop en affirmant qu'elle ne me contredira pas.

Les rendez-vous à Bercy (J'y arriverai pas) l'AccorHotels Arena se ressemblent : Arrivée sur place, installation au fond du Chambertin, pichet de rosé et frites en attendant les retardataires. Cette fois, Hélène et moi attendons son amie Cricri. Nous évaporons un premier "50" de Cinsault avant de dîner d'un tartare, arrosé d'un deuxième pichet.

Je donne décidément une bonne note à ce café - restaurant - brasserie - je sais pas quoi comment le qualifier... Bon, c'est écrit café dessus mais c'est bien plus dedans. Bref. Les frites sont maison, servies brûlantes; le vin est correct et pas trop cher pour l'emplacement; le patron diffuser la musique du groupe en concert le soir même... Bref, c'est vraiment un "Before" absolument parfait. Nous terminons nos assiettes tranquillement en échangeant sur le line-up du Hellfest auquel Cricri va participer. Il y a du lourd et beaucoup de groupes attirent mon attention. On ira un jour...

Hélène nous invite et nous nous dirigeons vers l'entrée. Il y a de la queue et arrivé à la vérification des billets nous sommes redirigés vers un autre point de contrôle pour accéder à "la fosse" (qui n'en est pas une).

Nouvelle queue donc, avant d'accéder au rez-de-chaussée de la salle. Ce qui est sympa à cet endroit c'est que la boutique est vraiment grande et facile d'accès. Bon, c'est vrai que ce n'est pas la ruée sur les goodies ce soir. Nous emportons les T-shirts de la tournée, fille et garçon puisqu'Hélène suit régulièrement mon rituel à présent. Merci à elle, j'ai eu un beau cadeau ce soir.

Nous entrons dans le chaudron obscur et passons par le flanc gauche pour trouver nos places au rang 35. C'est la première fois pour nous que nous serons assis en fauteuil dans la fosse. j'aurais tendance à dire que c'est normal vu le public de "vieux" mais j'y reviendrais. La première partie a déjà commencé. C'est un jeune guitariste qui nous joue un blues très intimiste, seul en scène avec sa guitare. Il nous quittera en nous remerciant mais sans se nommer, ce qui n'est pas forcément la meilleure méthode pour profiter de la notoriété de l"événement vu qu'il n'est pas mentionné nulle part. Après une recherche poussée, j'ai fini par l'identifier grâce au programme du "Royal Albert All".
Il s'agit de Juke Ross, dont l'insignifiance sur les réseaux semble en accord avec sa volonté scénique de ne pas exister. Bon, il joue et chante proprement mais dire qu'il est chiant est un euphémisme poli.

30 minutes d'entracte, le temps de... de rien en fait puisque la scène est déjà prête! il a suffit de débarrasser le micro de l'autre mou pour préparer le set à venir.

Nous patientons et la salle est enfin plongée dans le noir. C'est un vieil homme qui parait sur scène, portant de grosses lunettes et accompagné de pas moins de 9 musiciens. Le concert commence et nous avons de la peine à voir Mark Knopfler ainsi.

A presque 70 ans, celui qui se surnomme lui même "Old Grand Dad" a bien du mal à se mouvoir et même à parler lorsque, entre deux titres, il s'adressera un peu plus longtemps à nous.

Après les premiers titres, il est installé sur une chaise haute qui dramatise à mon sens encore plus le contexte. Essouflé, il nous raconte ses histoires, son histoire quand à 16 ans, il faisant de l'autostop avec sa guitare le soir du 25 décembre. C'est sa tournée d'adieu, il l'a annoncé... Mark nous présente ses musiciens, non sans humour (il placera quelques répliques amusantes tout au long du spectacle). Guy Fletcher (qui l'accompagne depuis l'apogée de Dire Straits) est de la soirée, passant de la guitare aux claviers. Ajoutons à cela un autre clavier, un batteur, un percussionniste, une basse, deux autres guitares, un saxo et une flute et nous avons un bien bel orchestre pour soutenir notre tête d'affiche.

Visiblement usé, celui qui a joué avec Chet Atkins et Tommy Emmanuel ne semble plus capable de ses irrésistibles envolées techniques qui ont fait sa réputation depuis plus de 40 ans. Nous n'avons pas l'impression qu'il s'agit du même homme à la fois sur mon vieux T-Shirt, sur le nouveau et sur scène... Et pourtant...
Jouant sur un répertoire plus lent, s'appuyant parfaitement sur un orchestre irréprochable, Mark Knopfler va conquerir sans conteste une salle remplie à guichet fermés. Il retracera sa carrière post Dire Straits en en extrayant les points marquants car la majorité est là mais nous donnera une bonne proportion de titres de son ancien groupe.

Je confesse avoir pleuré sur plusieurs titres car l'émotion, 27 ans après l'avoir entendu en ces mêmes murs, était trop forte. Oui, je n'avais jamais rêvé d'entendre "Once Upon A Time In The West" en live, de sa main... Oui, j'ai sombré dans une nostalgie terrible pendant "Romeo & Juliet", même si je l'avais déjà ré-entendu en 2005. Oui, mon Hélène a pleuré à son tour pour "Your Latest Trick" qui est et restera sans doute sa préférée...

C'était la dernière fois et notre hôte ne pouvais partir sans envoyer l'un de ses très grand succès. La salle exultera donc pour "Money For Nothing", rare titre écrit en collaboration (avec Sting) et aux accents plus saturés (guitaristiquement parlant).

Le public s'est en parti déplacé devant la scène, créant une "vraie" fosse et ce au grand dam des spectateurs du fond. L'ambiance, soudainement plus "jeune", s'est propagée dans la salle (certes raisonnablement). Jusqu'ici le public était plutôt passif et la fin du concert montrera que ce n'était pas un fin en soit (sans aller jusqu'au pogo, on s'entend).


Nous continuons avec Dire Straits, période "Brother in Arms" avec le titre éponyme. L'interprétation de Mark est parfaite vu ses moyens, toute en rondeur, en sentiment...

Je verse encore une larme, j'ai 17 ans... non... 14.... Je viens d'avoir l'album... non... je me revois devant la télé, chez un copain, regarder la VHS avec le clip au crayonné...

Et la salle chante, et les gens font une nuit étoilée avec leurs téléphones... Tout le monde vit la musique, je le filme un peu, c'est magnifique.



Deux heures se sont évaporées et les "encores" touchent à leur fin. Bien évidement le vieux maître entame "Local Hero", encore une fois magnifiquement servi par ses accompagnants.

Je retourne encore vers le futur de mes 17 ans, et je crois que le public aussi, quel que soit leur age à l'époque. La flûte, le saxo, la guitare, les réponses musicales si tendres au début avant le crescendo et le rythme de la mélodie presque andine.

C'est un déchaînement d'applaudissements, espérant en vain un nouveau rappel qui gronde dans la salle.

Mark et sa bande saluent le public une dernière fois puis s'efface pour de bon. La lumière est rallumée, nous sortons. Cricri est ravie, Hélène et moi totalement sous le choc. Hélène l'a vu lors de plusieurs ses tournées solo, elle ne sait plus combien (de l'avantage de tenir ce blog). Nous avons donc vécu la dernière ensemble, après avoir eu le cover band l'an passé. Nous nous posons des questions sur l'état de santé de l'artiste, qui nous semble disproportionné vis à vis de son âge pas si avancé finalement. Est-il malade? A-t-il voulu donner, à travers cette tournée marathon, un dernier bonheur à son public? Nous ne le sauront pas, du moins pas tout de suite. Nous avons constaté que son plus grand classique, le merveilleux et ultra technique "Sultans of Swing" n'avait pas été joué ce soir. Peut-être n'en est-il plus capable?

Je ne peux donc pas vous conseiller d'aller voir Mark Knopfler en concert : soit, heureux élus, vous avez des places pour les quelques dates restantes et déjà complètes, soit vous ne pourrez vous retrancher que sur les enregistrements existants parmi lesquels je ne peux que vous indiquer le généralissime pirate enregistré à Basel en 1992 (mais je crois que je radote).

La setlist :

01 - Why Aye Man
02 - Corned Beef City
03 - Sailing to Philadelphia
04 - Once Upon a Time in the West (Dire Straits)
05 - Romeo and Juliet (Dire Straits)
06 - My Bacon Roll
07 - Matchstick Man
08 - Done With Bonaparte
09 - Heart Full of Holes
10 - She's Gone
11 - Your Latest Trick (Dire Straits)
12 - Postcards From Paraguay
13 - On Every Street (Dire Straits)
14 - Speedway at Nazareth

Encore:
15 - Money for Nothing (Dire Straits)

Encore 2:
16 - Brothers in Arms (Dire Straits)
17 - Going Home (Theme from Local Hero)



Nos T-Shirts...


Avec les dates et villes habituelles.


 
Et les billets "pour de faux" de la Fnac.


Une petite dédicace au couple un peu plus âgé que nous avec qui nous avons fait le (long) voyage retour (à cause des travaux sur la 14 et la J). Nous étions à quelques rangs d'écart, nous ne nous sommes parlés que quelques instants en arrivant à la gare; Bonne continuation! 

Encore un grand merci Monsieur Knopfler pour toutes ces années. Nous continuerons à écouter vos enregistrements.


vendredi 30 mars 2018

Telegraph Road : La route du paradis

Je discutais avec une amie il y a quelques temps, à propos des "surprises de la vie". A l'image du labyrinthe de Chartres, cette dernière est pleine de méandres, de virages ; le chemin à parcourir est bien plus long qu'il n'y parait et l'on finit et l'on finit indéfectiblement au centre, à l'essentiel.

Mes proches savent que j'ai traversé une sacré tempête et que je vogue à présent poussé par les alizés. Une passagère pas du tout clandestine a rejoint mon esquif, au gré d'une bordée un peu atypique.

Bienvenue à toi, mon Hélène, avec qui je partage une partie de mes goûts musicaux et en particulier ceux de mon adolescence.

Voguons pour un concert, le notre premier tout les deux. Nous serons loin, très loin de mes habitudes... partis en voiture, à l'aventure, vers Paray-Vieille-Poste (Hein?!?) Nous subissons pleins de bouchons parisiens, évidement, et c'est l'occasion pour moi de voir voler une Ducati Monster (heureusement loin dans mon rétroviseur). Freinage brusque, manque de contrôle du motard qui s'est relevé, heureusement.

Arrivés-garés sur place (parking en face de la salle, à 50m!) nous marchons vers un restaurant japonais qui se révélera fort correct à la dégustation. Retour sur la place, contrôle minimum de chez minimum et nous nous installons confortablement au fond à gauche d'une salle nommée "L'Avant Scène". Le public présent est très hétéroclite, entre les retraités du cru et leurs petits enfants...

La première partie commence, animée par les élèves de l'école de musique locale. C'est une sélection pop assez hétéroclite, interprété comme ils peuvent par des gens qui n'en peuvent pas trop. La balance est un peu étrange et heureusement le volume est très raisonnable. L'effort des musiciens était visible. Bravo quand même, ça ne doit pas être facile de monter sur scène ainsi, surtout devant son papy et sa mamy.

A ce stade du récit, le lecteur me demandera mais "pourquoi aller se paumer jusque là? Qu'est-ce qu'il vous à pris?"

Les chemins sinueux, cher lecteur, mènent à la félicité.

J'ai eu le privilège d'entendre Dire Straits en 1992.
J'ai aussi eu la chance de retourner à Bercy pour Mark Knopfler en 2005.
Hélène, de son coté, a également été écouter Mark plusieurs fois...

Ce monument en commun, nous étions donc d'accord pour partager une tranche de live ensemble. Le souci étant que Dire Straits est dissout depuis 1993 et que Mark Knopfler tout seul ne tourne pas (plus?). Que faire alors pour vibrer sur les mêmes cordes, les mêmes mélodies?

La solution était un cover-band, mais un très bon.

Telegraph Road c'est d'abord une route mythique aux USA, et puis un des titres les plus mythiques de Dire Straits y faisant référence, et enfin le nom d'un groupe hommage qui se produisait se jour là, au fin du fond d'un trou de derrière Orly.

C'est avec appréhension que nous attendons les premières notes, alors que monsieur le Maire ou je ne sais trop qui nous vante le groupe. Savait-il seulement de qui/quoi il parlait? nous nous sentions bien seuls dans la salle comble à cet instant...

Pas de décor, pas de roadies... des guitares, des passionnés, une excellente balance et de la magie par pelletés. Nous avons eu des frissons tout le long et il faudrait être le dernier des fourbes pour avancer le moindre pion envers ce concert.

Certains titres ont été joués note à note, identiques aux lives passés de Dire Straits (Alchemy, On the night) d'autres étaient des interprétations originales bien plus libres et très réussies.

Et oui, d'accord, tout les solos n'étaient forcément ultimes... Mais purée, vous savez ce que c'est que de jouer ces partitions? les seuls à reprendre Knopfler avec panache total sont parmi les plus grands gratteux du monde!

J'ai noté la setlist au fil de l'eau. J'ai cependant un doute sur un titre.

Tunnel of love
Once upon à Time in the west
Walk of life
Private investigations
Your latest trick
Expresso love (sans certitude)
Lady writer
Telegraph road
Brother in arms
So far away
Roméo and Juliet
Sultans of swing
Money for nothing
Calling Elvis
Heavy fuel

Alors que le début de la prestation nous révélait un public assez peu participatif, le groupe a su mettre le feu à la salle avec les derniers titres. Nous sortons de la salle ravis, les yeux plein et les oreilles pleins de souvenirs en reconnaissance avec nos passés respectifs.

Moralité, ne jamais sous-estimer un cover band....


Pas de Merchandising, donc pas de T-shirt...




mardi 19 avril 2005

MARK KNOPFLER : DIRE STRAITS sans DIRE STRAITS ?

Autant le dire tout de suite, cette Kronik a été rédigée presque 4 années après le concert. Il me semblait avoir fait mon devoir juste après l'événement mais soit j'ai perdu le fichier, soit j'ai rêvé. Quoi qu'il en soit, c'était justement un vieux rêve que de retourner à Bercy avec ma chérie afin de revoir l'un des individus qui ont bercé mon adolescence. Je vais donc tenter de rassembler mes souvenirs, ce qui se complique de plus en plus compte tenu de la quantité non négligeable de soirées musicales qui se bousculent dans ma petite tête.

Bercy, Bercy et encore Bercy. Combien de temps cette salle me poursuivra-t-elle ? Toujours est-il que nous nous retrouvons en gradins, places numérotées (et ouais !) prêts à entendre l'un des mythes de la guitare des années 80. Passage aux T-Shirts. Ce ne sont, pour une fois, pas des "imprimés en banlieue" mais bel et bien des vetements officiels amenés avec les camions de l'artiste. Il y a dons un choix inabituel et je me décide pour un modèle beige, plutot sobre.
C'est  le William Topley's trio qui ouvre, ce soir. Là, je concède que j'ai limite un trou noir quant à la prestation. Un souvenir de son qui n'était pas excellent et des morceaux absolument pas traumatisants, et pas originaux. A la limite, je préfère quand les premières parties sont carrément mauvaises, on rigole bien et on s'en souvient mieux !
Et voici les roadies. Décors dépouillés et sobriété d'instruments mythiques, tel est le cocktail que nous propose notre guitar-hero. L'accent sur la musicalité est donc donné, car vu le thème abordé, nous ne sommes pas là pour des pyrotechnies monstrueuses. Ambiance très relax, donc, avec au menu une compilation de titres propres à la carrière solo de Mark Knopfler et de vieilleries de la période Dire Straits. J'avoue, ce soir, ce sont ces antiquités qui me motivent. J'ai écouté quelques-uns des nouveaux albums sans y trouver la magie insufflée par ce groupe extraordinaire. Même s'ils sont bons, et même très bons, ils n'ont pas ce fameux son qui a assuré le succès sans équivoque de Dire Straits.

Démarrage sur l'un de ces titres, justement... Je découvre en direct. C'est plutôt bon. Suivent d'autres mélodies enchanteresses... Mark Knopfler a abandonné son bandeau et porte des petites lunettes... Hé. C'est l'âge !
Au fil du concert et à travers des titres que j'adore, je constate cependant que le niveau technique de notre soliste a quand même baissé. Il ne joue plus aussi vite, ses apparitions sont plus embrouillées que par le passé. Mais quel plaisir cependant, de réentendre ses guitares de collection tinter sur les mélodies des classiques de son ancien groupe.
Mon Isa est, quant à elle, bercée au point de presque s'endormir... Il faut dire que les interprétations sont douces et qu'un quart d'heure de « Telegraph Road » c'est assez radical...
La fin s'annonce déjà, avec l'éternel « Local Hero ». Magnifique titre, mais toujours ce petit quelque chose qui fait que je préférais « avant ».

En conclusion, un très bon moment mais il y a eu mieux. Bercy 1992, c'est ma référence.
J'ai trouvé le setlist sur le net. Pour mémoire :

1. Why Aye Man
2. Walk Of Life
3. What It Is
4. Sailing To Philadelphia
5. Romeo & Juliet
6. Oe, Oe, Oe
7. Sultans Of Swing
8. Done With Bonaparte
9. Song For Sonny Liston
10. Donegan's Gone
11. Rüdiger
12. Boom, Like That
13. Speedway at Nasareth
14. Telegraph Road
15. Brothers In Arms
16. Money For Nothing
17. So Far Away
18. Our Shangri-La
19. The Mist Covered Mountains/Wild Theme!





Addendum 2023 : ajout d'une photo de l'affiche du concert trouvée sur le web .

lundi 27 avril 1992

L'homme au bandeau et ses potes : Bercy, c'est tout petit !

A partir de maintenant, mes concerts ne sont plus subis. Je suis assez grand et mes vieux m'autorisent à rentrer à pas d'heure. J'ai dû attendre mes 17 ans pour ça. Bha ouais, j'ai été couvégrave. Du coup, je n'ai pas fait trop de conneries ! (même s'il y en a eu quelques unes aux heures de sorties autorisées).Entre Sardou et cette période, je me suis un peu cherché, musicalement parlant. Je crois que je vais faire une digression autobiographique, mais cette connerie de Blog me permet de me sortir des trucs du cerveau. Une thérapie en quelque sorte? Bref. Mes parents avaient acheté une chaîne de marque AKAI je crois. Une fortune à l'époque. L'ampli, il avait les cadrans de Supercopter en mieux ! La platine vinyle était motorisée et on avait le double cassette avec copie rapide. Bonheur.Un passage par le TAUPE 50... Nannnn ! Le TOP 50 de Toesca, pas le truc MCM dégénéré actuel ! Déjà que celui de l'époque n'était pas génios... Quelques 45T de type « Image ». On échange des cassettes à la récré. Quelques mauvaises influences, rébellion rapide. Le système oppresse. J'écoute les Bérus, les Ludwig, le punk Anglais…
Et puis j'entends pour la première fois Maiden et Def Leppard mais à cette époque je ne peux pas me payer tout ce que j'aime et donc, je passe à coté.

L'école ne marche pas fort, je change donc de collège avant que l'on me vire. Nouvelles amitiés, nouvelles cultures. J'en contamine certains au métal urbain, et d'autres me passent de la pop anglaise. J'entreprends donc le monument Pink Floyd et je me laisse aller à Dire Straits. D'abord séduit par « Money for Nothing » (une guitare électrique quelque peu saturée et je décolle !) je découvre rapidement les premiers albums, et Alchemy, le double live. C'est la révélation. Heureusement que je l'ai acheté en CD (dans les 220 balles, une fortune même pour un gosse de riche comme moi !) parce que le vinyle n'aurait pas supporté le nombre d'écoute. J'ai piqué un tas de pieds gravissimes en captant les « apparitions » guitaristiques de Mark Knopfler...

Et pourtant. 

Il paraît que le mieux est l'ennemi du bien. Le mieux, ça a été d'entendre ces types là en vrai. Et cela n'a pas été une sinécure. D'abord, un premier passage du groupe en octobre 1991(tournée de leur dernier album : « On Every Street »). Je file à la Fnac. Trop tard. 3 dates à Bercy « Sold Out ». La misère. Devant le succès, les organisateurs proposent un deuxième passage. Avril 1992. Cette fois, c'est la bonne. Je commande directement sur 3615 chépluquoi. J'ai ma place directe à la maison par la poste. C'est une tournée française complète avec 7Bercy de suite. Ils n'ont pas lésiné sur la quantité. Encore Sold Out. Fallait pas se leurrer.

Impatience, anxiété... Jour J.
Je découvre le POPB. Bonne place, gradins, au centre. J'ai pas osé descendre en fosse. Faut me pardonner, j'étais jeune et con (alors que maintenant je suis vieuxet con, nuance !)

Le premier groupe déboule : « Was (not was) ». Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus, (pas grand-chose d'après Google) mais à l'époque je ne les ai pas trouvés mauvais. Quelques flashs d'un chanteur qui cavalait d'un bout à l'autre de la scène. Mémoire sélective, car je n'étais pas là pour ça. 

Parce qu'après une heure de rock, et l'entre-acte, le véritable concert a commencé. Qu'en dire? La salle était blindée... L'ambiance brûlante... La prestation merveilleuse, le son cristallin... Pas beaucoup de mise en scène, mais on n'est pas là pour ça. Mark Knopfler est un perfectionniste musical comme il en existe peu sur terre. Avec sa gratte, il irait chatouiller les tympans de Dieu lui-même.

Pour vous faire une idée, écoutez « On the night » qui est l'album live de la tournée. Pour revivre le concert, procurez vous un pirate qui s'appelle « Ticket to Heaven » 
(enregistré à Basel, en Suisse, et qui contient tous les titres, à la différence de l'officiel). Le solo de « Sultans of Swing » à lui seul est un billet pour le paradis...
Et que dire du « Local Hero » final? Un grand moment dans ma vie, voilà tout.

Concert trop vite passé. Ce soir là, j'institue une tradition de « collection de T-shirt » : quand c'est possible, j'achèterai l'officiel de la tournée. 150 balles à l'époque. Diantre, c'est pas donné ! Va falloir en prendre soin. Rétrospectivement, j'ai dû le mettre une dizaine de fois en 14 ans. Et encore. Je le lave à la main. On a de ces lubies, parfois !





Addendum 2023 : Suite à la disparition de blogueurs j'ai refait la mise en page ici et ajouté la photo du poster de la tournée dont je me suis procuré 3 exemplaires différents trouvés par hasard lors d'un passage sur leboncoin.