J'vais dire un truc, tu vas pas l'croire... Je retourne voir les Fatals Picards! J'suis pas taré j'veux entendre "Noirs" !
Rendez-vous en tête de train avec Cédric ce samedi après une journée déjà bien remplie. J'ai réussi à le convaincre de m'accompagner au Zenith pour une animation musicale un peu en dehors de sa zone de confort. Soyons clair, les aspirations politiques et l'humour de mon pote son parfaitement compatibles avec les textes des Fatals : bien à gauche.
Je saute donc dans le train direction Paris avant d'enchaîner le métro en vue du Zenith. Mon planning est rigoureux avec un point de chute qu'Hélène et mes garçons m'ont fait découvrir pour mon anniversaire : Chez Armand.
C'est un resto-brunch-bar comme il y en a des centaines à Paris mais celui là est spécial par sa déco ciné-stars-musique avec des photos, des affiches, des dédicaces, plein les murs.
Cédric et nous n'en profiterons pas cette fois car la météo est plus binouze-terrasse que cardinal-zinc. C'est donc l'heure du demi suivi d'un Burger (et d'un autre demi) pour mon pote et d'une salade copieuse pour moi. Ceci fini nous nous orientons tranquillement vers le Zenith. Passage de la sécurité franchement léger (j'avais une bouteille d'eau dans la poche latérale de mon short!) et entrée dans le hall. Déception, pas de Merch du tout! Je récupère juste un éventail de marque alcoolisée au niveau de l'espace fumeur. Nous patientons donc un peu avant d'aller nous asseoir dans la fosse. Nous patientons tranquillement en discutant, assis en tailleur. Un dernier passage au coin et c'est l'heure de la première partie animée par Émilie Pajak.
C'est une DJ Parisienne, Ambianceuse... Bon. Apparemment des gens connaissaient quelques titres actuels ou un peu moins. Cédric aussi... moi rien de rien. Je me suis bien bien ennuyé.
Les tech virent La platine et retirent les draps noirs qui étaient sur la batterie, la lumière s'éteint et un immense écran s'allume pour nous ravir d'une présentation humoristique de notre tête d'affiche. C'est une espèce d'IA très rétro qui sera un running gag tout au long du spectacle.
Nous sommes donc en fosse, dans les 10 mètres devant la scène, côté droit en la regardant. Le public est chaud, je sens que ça va bouger. Cela tombe bien c'est ce que je veux et c'est ce pourquoi j'ai pris un Nurofen avant de partir. On attaque donc dans une grosse ambience mais heureusement avec des titres presque tranquilles et je constate que la Setlist n'a pas grand chose à voir avec ce que nous avons eu à Dijon. C'est le premier Zénith des Fatals et ils ont décider de nous gâter : il y aura 24 chansons!
La salle est arrivée à température à partir de "La Française des jeux" et la notion de "chauffé à blanc" juste après, lors de "La sécurité de l'emploi".
J'ai passé le concert entier à sauter, chanter. Dommage que Cédric ne connaisse pas les paroles car il s'amusait aussi mais moins que moi. Grosse surprise d'entendre "l'amour à la française" (une chanson bien trop sous estimée, de l'avis même de Paul) qui a représenté la France à l'Eurovision. C'est un super titre, bien écris, composé, drôle et qui envoie du lourd en même temps. J'adore. Et puis "Goldorak est mort" avec le Zénith en fusion avec les artistes et les invités (Oldelaf d'abord puis Yvan Callot (le fondateur du groupe) et le Batteur des 3 fromages).
Ce Concert à tourné à la fête intégrale, une énergie symbiotique entre les artistes et le public, y compris lorsque ce dernier chante un "Siamo Tutti Antifascisti" entre deux titres et que Paul réponds que "nous sommes tous globalement d'accord". La plupart des titres sont accompagnés de 3 cuivres, ce qui gonfle encore plus le son roccailleux et populaire des Fatals.
Nous arrivons à la partie accoustique après un "Djemé Man" insensé avec un personnage rasta géant sur échasses, à la Maiden. Les titres "secs" sont toujours aussi mignons. Oui j'aime "Morflé" et je te la dédié, ma chérie parce qu'on a pris cher ces dernières années et que c'est pas fini, mais qu'ensemble on morflera mieux.
L'incendie intégral se redéclenche avec l'incontournable "Bernard Lavillier"et se poursuivra jus'au bout. Cette fois j'ai mon drapeau breton que j'ai proprement plié dans la poche de mon short. C'est une grande écharpe que je peux "mettre en cape", si je peux dire. Une nana derrière moi éclate de rire en me voyant la sortir, Cédric rigole aussi en me faisant remarqué que "t'as un drapeau breton?!?" C'est parfait! Une pensée pour toi, Christophe, "A la vie, À l'Armor" !
C'est quasiment "Jump or die" jusqu'à "Punkachien" et surtout "Fils de P." où là, c'est effectif. Je gueule comme un putois.... Moi c'est Igor!!!! Heureusement je suis en Battle vu l'agitation ambiante: impossible de perdre quoi que ce soit avec mes poches scratchées. Elle est faite sur mesures pour ça.
Je suis bien rincé alors que l'on attaque les "Encore" et pourtant, je ne suis pas au bout de mes surprises car... l'enchaînement des titres est le même que
celui de la fête de l'huma dont la vidéo traîne en ligne... Et donc après "Dans un ciel de premier mai" c'est "Noirs"... "Noirs" ça me fout les larmes aux yeux rien que d'y penser. "Noirs" c'est les Bérus que j'ai poncés quand j'étais gosse. "Noirs" c'est Noir Dez que j'ai loupé, à la même époque, mais redécouverts avec Hélène, "Noirs" c'est cette paire de Doc Martens que je chérie depuis 40 ans. J'ai donc chanté avec ce qu'il me restait et achevé mes cordes vocales sur les "Punks au Linchtenchtein". Il me faudra 10 jours pour récupérer une voix à peu près normale car j'ai quitté le Zénith techniquement aphone.
Nous sortons tous sans incidents de ce qui fut un concert unique avec une ambiance des grands soirs. Dans le métro nous nous retrouvons avec un groupe qui entonné encore quelques titres. Nous nous séparons justement après 2 chansons complètes et au troisième couplet de Noirs. La gueule des gens autour de nous au passage "Salut à toi" n'avait pas de prix.
Retour maison, je laisse Cédric continuer une station de plus en train.
La Setlist :
1 - Le retour à la Terre (Cuivres)
2 - Coming out (Cuivres)
3 - Française des jeux (Cuivres)
4 - La sécurité de l'emploi (Cuivres)
5 - Sucer des cailloux
6 - L'amour à la française
7 - Goldorak est mort (avec Oldelaf)
8 - Le reich des licornes
9 - Le combat ordinaire (Cuivres)
10 - Djembé man (avec Ivan Callot) (Cuivres et Djembé)
11 - Morflé (Acoustique)
12 - Mon père était tellement de gauche (Acoustique)
13 - Canal Saint-Martin (Acoustique)
14 - Bernard Lavilliers (Cuivres)
15 - La nouille à l'air (Cuivres)
16 - À la vie, à l'Armor (Batteur des 3 Fromages au kazoo)
17 - Les playmobils complotistes
18 - Angela
19 - Punkachien
20 - La prophétie des Vosges
21 - Fils de P. (Cuivres)
Encore:
22 - Dans un ciel de 1er mai (Cuivres)
23 - Noir(s) (Cuivres)
Encore 2:
24 - Punks au Liechtenstein (Cuivres)
J'avais adoré les Fatals à Dijon. Leur prestation au Zénith était encore au dessus. D'un côté je trouve dommage que la scène ne soit pas aussi bonne partout (avec le délire de l'IA qui dure jusqu'à la sortie des spectateur, suppliant qu'on ne l'a débranche pas) et de l'autre je me sens privilégié d'avoir été là ce soir là.
Je rêve de les revoir. Encore et encore.
Vive l'Anarchie bordel.
Il faut noter que les Fatals pratiquent des prix très raisonnables pour leurs concerts qui sont en tarif unique. Leur coté "social" est toujours présent.