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samedi 11 avril 2026

TELEGRAPH ROAD (AGAIN)

C'est parti pour Provin en ce samedi d'avril. Il reste assez de Gasoil dans la voiture ce qui est particulièrement cool vu le prix à la pompe, merci à l'autre taré d'outre atlantique.
Nous faisons étape chez mes amis Marc et Isabelle (qui habitent sur la route) et que mon Hélène ne connait pas. Petite après midi canapé sympa à manger du quatre quarts en buvant du thé pendants que Marc enchaîne les  vinyles sur sa platine.
Nous nous rendons ensuite à l'hébergement qui est... une maison de vieux! Ma foi la chambre est tout confort et nous avons tout les services.
Courte pause et nous partons pour ce qui nous semble être la meilleure pizzeria du coin. Il reste heureusement une table et nous mangeons en moins d'une heure pour ne pas rater le début... Je n'en ai pas parlé mais si vous êtes là c'est que vous voyez l'affiche ci-contre. Nous sommes à l'autre bout de l’île de France pour revoir Telegraph Road, ce petit cover band de Dire Straits qui nous a ravi en 2018, à Paray Vieille Poste. Ils ont fait une date proche de chez nous à Taverny mais nous n'avons pas eu la chance d'avoir des places. Nous nous sommes donc vengés sur Provin, un peu loin mais accessible.
 
La pizza avalée (plutôt bonne) nous filons au Centre Culturel Saint Ayoul ou nous avons réservé deux place. Pas de Merch évidemment, nous entrons direct avant de passer aux toilettes et.. nous sommes les derniers à nous installer. 
Petite présentation d'un élu locale et le concert commence. J'ai pris la décision de ne rien filmer ce soir et de profiter à 100% du moment. Je suis coté escaliers, 3e rang, Hélène à ma droite. Franchement très bien placés.

Le groupe arrive. Il n'y a pas de décor, comme toujours pour ce genre de prestation. Les première percussions sonnent. Je reconnais immédiatement "Calling Elvis". Bonheur pour moi, avec ce titre pour lequel j'ai une affection particulière.

La formation est plus restreinte que le vrai Dire Straits. Une rythmique-chanteur, une lead, basse, saxo-clavier multifonctions, batteur et le clavier principal, fondateur du groupe. Pas de Pedal Steel, pas de percussionniste dédié (entre autres). Le son est excellent, pas trop fort, je n'ai pas besoin de bouchons.

Et cette fois je dois dire que l'émotion fut énorme. D'abord timide, le public s'est tranquillement réchauffé avec "Walk of life", puis encore jusqu'à "Private Investigation" dont j'ai trouvé le final réussi mais sans plus. La guitare pas assez crunchy, un peu trop rapide aussi.

Et c'est là, alors que le premier tiers du concert a été dépassé, qu'il s'est passé un truc... un trick plutôt, avec "Your lastest trick". Déjà c'est une des préférée d'Hélène, ensuite l'interprétation était vraiment cool avec le saxo, et puis une sorte de magie s'est opérée. Peut-être que les musiciens se sont détendus, ont switchés sur le fait que la salle était comble et que personne n'allait les manger. Allez savoir. "Lady Writer" (impeccable) et le chanteur sort une resonator (Gretch?!?) et le clavier commence l'orgue d'ouverture de "Tunnel of Love". Je décolle. Les larmes montent. J'ai 17 ans, je suis dans "Alchemy" en vrai et c'est juste parfait. Je la chante en entier (comme tout les titres de la soirée du reste) et j'embrasse mon épouse d'amour sur la phrase "I got a keepsake and a kiss" (évidemment).
Pour la suite, je suis resté "And I'm just high on this world" jusqu'à la fin. 
"Where you thing you going?" que j'adore, et puis les classiques : "Romeo & Juliet" réalisé au sublime, idem pour "Telegraph road" (que le groupe ne pouvait que réussir, sinon je ne vois pas pourquoi leur nom!). 
C'est déjà la fin, ou plutôt les traditionnels rappels, avec celles qui manquent et que tout le public, à présent chaud bouillant, attend. Personnellement je suis au bord de l'explosion, et ça y est, c'est l'heure des "Sultans". 
Mais bordel, c'est oui. Je suis sorti du rang pour aller sauter "tranquillement" dans les escaliers. Quel bonheur. Lors de la prestation de Paray Vieille poste, le solo avait été amputé. Cette fois non, il a été joué à la note mais un peu différent... A la Knopfler! C'etait dingue, j'y était, une fois de puis. Catapulté dans l'espace et le temps, à Bercy en 1992, inconscient du privilège que j'avais à l'époque.
Je retourne près de mon Hélène et nous dansons un peu côte à cote pout "Brothers in arms" avant de conclure sur l'inénarrable "Money for nothing" avec un public au plafond (à l'échelle de ce genre de public de salle de fond de banlieue voir de campagne).

La Setlist, que j'ai noté au fur et à mesure (Accuracy=100%)
 
1 - Calling Elvis 
2 - Walk of life
3 - Once upon a time in the west
4 - Down to the waterline
5 - Private investigation 
6 - Your latest trick
7 - Lady writer
8 - Tunnel of love
9 - Where you thing you going ?
10 - Romeo and juliet
11 - Télégraph Road
12 - The Bug
13 - Sultans of swing 
14 - Brother in arms
15 - Money for nothing 

La conclusion est qu'on a passé un excellent moment, voir un moment d'anthologie.
C'est un groupe cover, composés certes de de pros mais rien à voir avec une machine de compétition comme le groupe original (dissolu depuis plus de 30 ans) et le travail necessaire pour un tel résultat est énorme. Certes, le jeu de Mark est reproduit à 2 joueurs mais le résultat est là, on s'y croit! Les solos sont beaux et identiques aux lives officiels, ou mieux légèrement improvisés autour de la partition ce qui était la signature de l'auteur. Coté batterie, nickel. Le bassiste est impeccable et a parfaitement tenu la boutique. Le clavier était largement reussi et le saxo/divers faisait aussi très bien le job. Ils ont énormément progressé en 8 ans (déjà). Au final rien à dire si ce n'est d'aller les voir s'ils passent dans votre coin, c'est pas cher pour un tel moment. Si jamais on les recroise, on y retourne!
Nous sortons donc ravis et partons en quête d'un bar pour une bière.
Et celui "à schlagues" comme dit Hélène, qui nous a servi, à lui aussi fait le job. Nous finissons donc sur une bonne rigolade avant de rentrer à l'EHPAD.

Journée bien remplie, dodo mérité, départ le lendemain pour la maison et le retour au quotidien.

Prochaine étape : Les Fatals Picards 2, le retour! ça va bien délirer (mais sans Hélène cette fois).
Eux aussi, quelque part, sont les "Sultans of Swing"
 

(ajouter photos et billets)
 

vendredi 30 mars 2018

Telegraph Road : La route du paradis

Je discutais avec une amie il y a quelques temps, à propos des "surprises de la vie". A l'image du labyrinthe de Chartres, cette dernière est pleine de méandres, de virages ; le chemin à parcourir est bien plus long qu'il n'y parait et l'on finit et l'on finit indéfectiblement au centre, à l'essentiel.

Mes proches savent que j'ai traversé une sacré tempête et que je vogue à présent poussé par les alizés. Une passagère pas du tout clandestine a rejoint mon esquif, au gré d'une bordée un peu atypique.

Bienvenue à toi, mon Hélène, avec qui je partage une partie de mes goûts musicaux et en particulier ceux de mon adolescence.

Voguons pour un concert, le notre premier tout les deux. Nous serons loin, très loin de mes habitudes... partis en voiture, à l'aventure, vers Paray-Vieille-Poste (Hein?!?) Nous subissons pleins de bouchons parisiens, évidement, et c'est l'occasion pour moi de voir voler une Ducati Monster (heureusement loin dans mon rétroviseur). Freinage brusque, manque de contrôle du motard qui s'est relevé, heureusement.

Arrivés-garés sur place (parking en face de la salle, à 50m!) nous marchons vers un restaurant japonais qui se révélera fort correct à la dégustation. Retour sur la place, contrôle minimum de chez minimum et nous nous installons confortablement au fond à gauche d'une salle nommée "L'Avant Scène". Le public présent est très hétéroclite, entre les retraités du cru et leurs petits enfants...

La première partie commence, animée par les élèves de l'école de musique locale. C'est une sélection pop assez hétéroclite, interprété comme ils peuvent par des gens qui n'en peuvent pas trop. La balance est un peu étrange et heureusement le volume est très raisonnable. L'effort des musiciens était visible. Bravo quand même, ça ne doit pas être facile de monter sur scène ainsi, surtout devant son papy et sa mamy.

A ce stade du récit, le lecteur me demandera mais "pourquoi aller se paumer jusque là? Qu'est-ce qu'il vous à pris?"

Les chemins sinueux, cher lecteur, mènent à la félicité.

J'ai eu le privilège d'entendre Dire Straits en 1992.
J'ai aussi eu la chance de retourner à Bercy pour Mark Knopfler en 2005.
Hélène, de son coté, a également été écouter Mark plusieurs fois...

Ce monument en commun, nous étions donc d'accord pour partager une tranche de live ensemble. Le souci étant que Dire Straits est dissout depuis 1993 et que Mark Knopfler tout seul ne tourne pas (plus?). Que faire alors pour vibrer sur les mêmes cordes, les mêmes mélodies?

La solution était un cover-band, mais un très bon.

Telegraph Road c'est d'abord une route mythique aux USA, et puis un des titres les plus mythiques de Dire Straits y faisant référence, et enfin le nom d'un groupe hommage qui se produisait se jour là, au fin du fond d'un trou de derrière Orly.

C'est avec appréhension que nous attendons les premières notes, alors que monsieur le Maire ou je ne sais trop qui nous vante le groupe. Savait-il seulement de qui/quoi il parlait? nous nous sentions bien seuls dans la salle comble à cet instant...

Pas de décor, pas de roadies... des guitares, des passionnés, une excellente balance et de la magie par pelletés. Nous avons eu des frissons tout le long et il faudrait être le dernier des fourbes pour avancer le moindre pion envers ce concert.

Certains titres ont été joués note à note, identiques aux lives passés de Dire Straits (Alchemy, On the night) d'autres étaient des interprétations originales bien plus libres et très réussies.

Et oui, d'accord, tout les solos n'étaient forcément ultimes... Mais purée, vous savez ce que c'est que de jouer ces partitions? les seuls à reprendre Knopfler avec panache total sont parmi les plus grands gratteux du monde!

J'ai noté la setlist au fil de l'eau. J'ai cependant un doute sur un titre.

Tunnel of love
Once upon à Time in the west
Walk of life
Private investigations
Your latest trick
Expresso love (sans certitude)
Lady writer
Telegraph road
Brother in arms
So far away
Roméo and Juliet
Sultans of swing
Money for nothing
Calling Elvis
Heavy fuel

Alors que le début de la prestation nous révélait un public assez peu participatif, le groupe a su mettre le feu à la salle avec les derniers titres. Nous sortons de la salle ravis, les yeux plein et les oreilles pleins de souvenirs en reconnaissance avec nos passés respectifs.

Moralité, ne jamais sous-estimer un cover band....


Pas de Merchandising, donc pas de T-shirt...