lundi 22 juin 2026

IRON MAIDEN XIII : Le porte malheur.

Je ne sais pas trop quoi dire pour commencer cette chronique.  On prends les mêmes et on recommence, oui, certes, mais pas forcément pareil.

David et moi avions décidé de ne plus remettre les pieds dans cette horreur qu'est La Defense Arena (devenue depuis la Plenitude Arena. Et puis voilà, nous apprenons que le concert sera enregistré pour une prochaine sortie video. Et puis c'est peut-être le dernier, et puis c'est Evergrey en première et David aimerai bien les voir... et puis c'est vraiment cher de retourner à, par exemple, Copenhague.

Je casse donc la tirelire et je nous prends deux places en carré or, billet collector; cette fois si le son est dégueu, c'est vraiment que le son de la salle en entier est dégueu!
 Rendez-vous donc à la grande arche. Hélène est venue avec moi car David n'est pas sur d'arriver à l'heure. Nous sommes donc en avance, ce qui nous permet de faire la queue au merch à l’extérieur.  Une première fois pour moi (T-shirt et bracelet) et une deuxième fois pour David (T-shirt mais il n'aura pas celui qu'il voulait car plus sa taille). Il fait vraiment très chaud. C'est la deuxième vague de canicule en France. Nous avons de l'eau, heureusement.
David arrive enfin, à point nommé. Je lui donne son T-Shirt et nous laissons Hélène et nous filons vers la salle afin de ne rien manquer. Je donne le fond de ma bouteille à David et nous passons les contrôles. Notre entrée se situant loin sur la gauche de l'édifice, il nous faut encore quelques minutes avant de pénétrer à l'intérieur.
David n'ayant pas mangé, nous passons au bar où il prend le necessaire. Je me prends également une bière avec le même verre que lui (nous n'avons pas les mêmes gouts pour rien). Nous rejoignons nos places et commençons nos habituelles papottes pré-concert. 

Nous sommes bien installés, coté gauche, belle vue sur la scène. La climatisation fonctionne même si elle n'est pas incroyable. Evergrey démarre le show. C'est ignoble. Il y a un echo insupportable et le fait d'être positionnés sur le coté nous fait profiter au maximum de son intensité. Je ne perçois rien d'autre qu'un gloubiboulga sonore incomprehensible. Ni les rifs, ni la rythmique ne sont discernables. C'est absolument scandaleux. Peut-être que c'est bien dans la fosse mais pas pour nous. j'ai évidemment chaussé mes bouchons.
C'est enfin la fin du supplice et la scène est préparée pour Maiden. Le salle finit de se remplir et les écrans rappelle l'interdiction de filmer; l'interdiction de sortir un téléphone dans la fosse en fait. J'ai d'ailleurs un projet à ce propos : filmer en intégralité le debut du concert et le publier rapidement sur Youtube. Encore un peu de patience et ça y est, c'est parti, voici les première notes de "Doctor Doctor". Je presse le bouton et je cadre vaguement pendant que la salle hurle son contentement.

"Idle of March" et Maiden déboule, particulièrement énervé, pour "Murder in the rue Morgue". Le son est bien moins mauvais que pour Evergrey mais il n'est pas bon non plus, loin de là. Nous faisons donc avec et tentons de profiter au mieux. C'est l'heure des titres vraiment classiques puisque la tournée est axée sur les premiers albums du groupe. "Wrathchild", "Killers", "Phantom of the Opera"... Vient alors l'incontournable "Number of the Beast" et après le premier ou le deuxième refrain David me dit qu'il ne se sent pas bien. Je comprends mal et lui demande de répéter. Il répète. Je lui réponds "OK, on sort" et il s'écroule littéralement sur moi. Je suis debout avec le corps lourd de mon pote sur moi. J'appelle à l'aide, criant qu'il y a un malaise. Deux personnes (si vous me lisez, big up et gros coeur sur vous) m'aident à porter David par dessus les rangs de spectateurs, hors de la salle. Nous le posons sur le sol après les portes coupe-feu. Nous appelons à l'aide. Une personne me prends ma casquette pour ventiler David. Il reprends plus ou moins connaissance. Je lui tiens la main en lui criant de rester avec moi. La formation de secourisme en VR que j'ai suivi la semaine précédente était une bonne idée. Nous le basculons en PLS. Les pompiers arrivent ainsi qu'un personne de la sécurité, et puis un fauteuil roulant. 

Nous évacuons David au poste de sécurité et nous l'installons sur un lit/table d'auscultation. C'est là que ça se corse car... la lumière s'éteint. J'ai un doute, c’était peut-être un peu avant de l'installer. Les secouristes prennent des mesures, je discute musique avec un volontaire... et voici un jeune médecin qui diagnostique David. C'est à priori un coup de chaleur. j'ai pu récupérer ses lunettes mais elles sont en bien mauvais état... je tente de les redresser mais une branche c'est faite la malle. Nous l'installons dans un fauteuil roulant pour le descendre au grand poste de secours, de l'autre coté, niveau fosse. C'est une expérience assez unique de voir l'envers du décor mais je m'en serais volontiers passé. Nouveau brancard mais je ne suis pas admis cette fois et invité à attendre hors de la zone de soins. J'attends donc. J'ai peu de batterie (elle a été cramée pour éclairer le médecin pendant la coupure, avant qu'un secouriste sorte une grosse lampe torche) et j'économise donc.

Le show reprend après une heure de black out. Bruce est en colère, les musiciens très motivés. Je ne peux qu'attendre. Je suis derrière une "entrée" des artistes réservée aux medics et autres personnes chargées de gérer la foule. Certains portent des casques, des protection de skate...

J'entends donc "Rime of the Ancien Mariner" puis "Run to the hills" (en mode particulièrement violent) avant de retrouver le médecin qui autorise David à sortir (mais pas à rejoindre le spectacle). Il doit prendre un Uber pour rentrer chez son pote à deux pas de là. Nous sortons donc (par l'entrée VIP) et rejoignons la rue pour commander avant de nous rendre compte que le copain en question habite à 300m. J'accompagne donc David et le remets entre les mais de son copain, camarade de promo (qui se demande ce que je fais là et qui le veillera toute la nuit).

David en sécurité, je rentre à pieds à travers La Défense pour rejoindre la gare. J'y arrive en même temps que les premiers spectateurs ayant quitté le concert. Je communique brièvement avec Hélène. J'arrive à la maison avec 2% de batterie.
La douche et au lit.
David donnera des nouvelles positives le lendemain et rentrera chez lui pour se reposer. Il a certainement trop tiré sur la corde et la chaleur a achevé de le mettre hors de combat. L'air de rien il s'est passé plus de 20 ans depuis nos premiers concerts. Et justement, on ne les as plus, nos 20 ans.

Nous avons déjà booké notre prochain show. Cela sera Angra en septembre. Et Megadeth, pour la tournée d'adieux, en mars 2027. Tournons la page de cette malheureuse soirée qui n'a visiblement pas réussi pour le groupe non plus. Soyons optimistes et rêvons à leur retour, loin de la Défense peut être?

La setlist :

00 - Doctor Doctor (UFO song)
0 - The Ides of March
1 - Murders in the Rue Morgue (Intro played on tape)
2 - Wrathchild
3 - Killers
4 - Phantom of the Opera
5 - The Number of the Beast
6 - Infinite Dreams
7 - Powerslave
7 - 2 Minutes to Midnight (Cut short by the power outage right after "Napalm screams")
8 - Rime of the Ancient Mariner (After one hour of not playing. Introduced with "This is what not to do if La Défense shits on you".)
9 - Run to the Hills
10 - Seventh Son of a Seventh Son
11 - The Trooper
12 - Hallowed Be Thy Name
13 - Iron Maiden (First time as show closer since 2004)

lundi 15 juin 2026

STEEL PANTHER : Pire que le pire!

 Des années que je voulais les voir... Et mon Hélène m'envoie un message avec la photo de l'affiche vue dans le métro parisien : Steel Panther repasse à Paris. Un peu d'organisation, le concours de son comité d'entreprise et elle obtiens deux place au balcon du Bataclan.

Nous sommes donc un lundi et les enfants sont avec leur mère. Je fais donc le trajet pour déposer mon plus jeune chez elle avant de rejoindre mon Hélène. Nous prenons des sandwich à la boulangerie de la gare et avant de monter dans le train vers la capitale. Arrivés devant de Bataclan, je dois manger mon dessert (croissant aux amandes) en urgence car la nourriture est interdite dans la salle (?!?).

Après une deuxième fouille (la première ayant révélé le croissant) nous rentrons enfin. Passage habituel au stand de merch qui se trouve directement au fond de la fosse et un peu de délais car une acheteuse devant nous essaye toutes les tailles de T-Shirts. De mon coté je joue l’efficacité car seuls intéressent le T-Shirt de la tournée et les patchs débiles pour ma veste. Mention spéciale pour le porte clé plug anal en métal que je n'ai pas pris mais qui résume à lui seul la mentalité du groupe : faire n'importe quoi.Le show bat déjà son plein avec Lucie Sue en première partie. C'est une artiste française qui produit un Heavy Rock assez classique ma foi. C'est musicalement propre mais ça ne marque pas assez pour avoir envie de ré-écouter. Son look est incroyable cependant, totalement dans le ton des Panthers avec peut-être une touche un peu plus punk. J'apprends en parcourant le net pour cette chronique qu'elle en a été l’éphémère bassiste et que le gratteux des Panthers a joué sur un de ses albums : Cela se tient.

Nos achats effectués et accompagnés de 2 pintes de bière, nous montons au balcons ou nous jouissons de places au premier rang. Peu de place pour les jambes mais possibilité de poser les verres et ma veste sur le parapet ce qui reste un point de confort non négligeable.

Je ne peux pas éviter de parler de la sensation étrange de se retrouver dans cette salle, sachant ce qu'il s'y est passé. J'y ai assisté à un magnifique show de Within Temptation il y presque 20 ans. Des amis se sont inquiétés pour moi le soir du drame en 2015 , connaissant mon habitude des petites salles. J'ai vu les photos de l’intérieur après le massacre; celles qui ont filtré et que personne n'aurai jamais du prendre. Une pensée donc pour les gens qui ont vécu cela en ce lieu. Que ce concert "décadent" sont un hommage à la liberté que nous ne devons cesser de chérir.



Après un court show de 35 minutes, Lucie Sue laisse la scène aux dingos californiens. J'ai du mal à trouver le point d'entrée pour décrire leur show. Le premier truc qui traumatise est peut-être les deux danseuses, pendues à des podiums de pole d'environs 3m de haut. Les filles ont des corps sculpturaux, sont sapées façon maillot dessous minimums extra provoquant avec des bottes cuissardes à talons aiguille compensés et réalisent des figures incroyables durant plusieurs chansons. Rien que le travail des abdos est fascinant. Du haut niveau! Ensuite il y a les fringues des membres du groupe. C'est du glam métal mais alors glam sorti du magasin de glam. De la couleur, des clous, du moulant et des coiffures hors limite. Et puis il y a les tatouages bien bien massifs. Dire que le chanteur a tapé sa soixantaine... On

peut continuer avec leur comportement sur scène. Ils sont omniprésents, ils font le show, ils s'amusent et ça se voit. Enfin la qualité de leur musique est irréprochable. Le son est bon, ce sont des musiciens accomplis. Ils se promènent en nous emportant avec eux sur leurs titres. Je n'écoute pas spécialement leur musique et je ne peux donc pas reprendre leur refrains mais c'est propre et vraiment agréable à entendre. On me demandera alors : "mais si tu n'es pas fan, qu'est-ce que tu fiche là?". Et bien je voulais les voir pour le spectacle. Ils sont excellents mais surtout très interactifs avec le public.Après quelques titres, le dialogue s'installe et les blagues commencent à fuser. Guitariste, chanteur et bassistes se lancent des vannes salaces et invitent les filles du public à dénuder leur poitrine, argumentant que de toute façon ça va arriver sous peu. 
Et évidemment, une femme le fait et est invitée à monter sur scène. Le show reprend donc avec elle qui chante et danse avec les musiciens. On arrive alors vers la chanson 1987 et une autre jeune femme, très courtement vêtue, est invitée à son tour. Chloé (c'est son prénom) est alors installée sur un tabouret, les Panthers l'interviewe et "improvisent" une chanson pour elle. On lui remet un bracelet "Backstage". Elle participera aussi à quelques titres, profitant d'une expérience scénique unique. Nous nous interrogeons toujours, Hélène et moi, sur son devenir en fin de soirée et si elle a conclu dans le foin avec les vieux de 30 ans de plus qu'elle.
Le show continue et un groupe de plus de 20 femme finit sur scène à danser avec les Panthers. Certaines la poitrine à l'air, d'autres non. On reconnait Lucie Sue sur le côté gauche! Les pole danseuse sont également présentes et suscitent l'admiration de tous.
Voici les rappels, toujours dans le délire du n'importe quoi de provocation tendancieuse : des filles sur scène, des seins à l'air, de la fête, de la bonne humeur. Ce groupe est vraiment incroyable et évidemment, rien est à prendre au 1er degré sans quoi le sexisme ambiant serait inqualifiable.

Tout le monde s'amuse d'être là façon "Sex, Drugs and Rock'n Roll  et c'est un plaisir d'y participer!


La Setlist : 

1 - Eyes of a Panther
2 - Tomorrow Night
3 - Asian Hooker
4 - Just Like Tiger Woods
5 - Friends With Benefits
6 - Guitar Solo
7 - Death to All but Metal
8 - The Mother's Day Song (Live debut)
9 - 1987
10 - Impromptu Song for a Girl
11- -Girl From Oklahoma
12 - 17 Girls in a Row
13 - Party Like Tomorrow Is the End of the World

Encore :

14 - Seven Nation Army (The White Stripes cover) (Intro)
15 - Community Property
16 - Gloryhole


Ma conclusion est simple : Steel Panther est à voir une fois. On est prévenu et c'est totalement attendu mais tellement drôle et décalé que cela mérite l'expérience. C'est juste encore plus pire que pire. Et en plus la musique est extra. Un excellent moment à passer entre adultes consentants!