Etait-ce bien raisonnable d'entreprendre ce voyage? je n'ai pas de réponse à cette question. Un rêve n'est pas forcément raisonnable et oui, cela faisait longtemps que je voulais voir cette ville avec ces arènes avec un concert dedans. Les planètes se sont alignées cette année après plusieurs lointains actes manqués (Rammstein, Metallica...) nous avons pu arracher deux places pour aller voir l'immense Joe Hisaishi. Donc Train, hôtel à l'autre bout de la France. Ce n'est pas la première fois mais disons qu'avec le coût de la vie qui galoppe, c'est de plus en plus douloureux.
Il est amusant de constater à quel point le nom de ce compositeur ne parle à personne quand on le prononce alors que, comme beaucoup de ces artistes "invisibles" de part leur spécialité, tout le monde les connais. Prononcez le nom de Kitano, Takahata ou surtout de Miyasaki et les visages de vos interlocuteurs s'éclaireront. Car oui, Joe Hisaishi (de son vrai nom Mamoru Fujisawa) est l'ambiance, la mélodie, la sensibilité de ces cinéastes. S'il est indubitablement lié à la carrière d'Hayao Miyasaki (qui l'a presque lancé avec "Nausicaa de la vallée du vent", Hisaishi est plus que ça et avant tout un extraordinaire Pianiste dont la prestation scénique est tout bonnement hors normes. Revenons cependant un peu en arrière, à ce samedi matin ou nous avons filé à la gare de Lyon, à l'issue d'une semaine fort mouvementée ; Iron Maiden lundi (et les péripéties qui vont avec) puis 3 jours de séminaire avec une présentation fort réussie de ma part, puis un vendredi avec un saut à l'école pour préparer mardi (en fait demain)... Le tout en pleine canicule en gérant les chats et la porte d'entrée qui ferme plus.
Bref. TGV pour Nîmes, Hélène et moi posons les valises au B&B Hôtel (propre, pas cher, le minimum) avant de retourner vers le centre ville et visiter les arènes qui sont en pleine préparation pour le concert du lendemain. Il est fort amusant d'essayer de repérer ses places en avance et de se planter lamentablement car la numérotation n'a rien à voir.
Nous avons pris un billet de visites groupées avec la tour Magne, la maison carré et le musée de la romanité. Nous organiserons les visites de manière à s'épargner le soleil au maximum. Il fait vraiment très chaud. Nous faisons quelques courses en vue d'un pique nique dans la chambre d'hôtel et nous finissons la journée en mode légumes devant la TV.
A Noter le running gag à propos du magazine Lego avec Jango Fett : on l'a eu, Bravo Hélène!
Petit déjeuner le dimanche matin, puis la tour Magne (gauloise puis romaine puis écroulée par un stupide chasseur de trésor qui n'existe pas, descente par les jardins avec la maison carré (temple d'auguste devenu tribunal puis monastère, d'où sa conservation exceptionnelle), déjeuner "Thai" (faut le dire vite) et retour légumage à l'hôtel avant de repartir visiter le (superbe) musée de la Romanité. Nous enchaînons avec le dîner (pokebowl) et nous allons nous placer dans la filepour entrer dans les arênes. Le contrôle nous confisquera nos bouteilles d'eau (super en mode caniculer) et notre bombe de spray brumisateur (SUPER EN MODE CANICULE!). Heureusement cette dernière sera consignée et nous la récupèrerons à la sortie.)
Nous sommes donc placé à la porte 14, en fait juste au dessus de cette dernière. Il faut savoir que les arènes sont partiellement écroulée et que certaines tribunes n'existent simplement plus. Les numérotations et les places sont donc assez, disons, spéciales.
La vue est bonne, nous sommes un peu trop à gauche mais nous ne faisons pas la fine bouche, ces places on les a eu.
La bonne idée à été d'aller acheter des coussins en solde chez Monoprix car oui, les gradins sont raides. Et je n'ose imaginer les restes antique plus haut... directement en pierre!
Un peu plus de 20 minutes d'attente, les musiciens s'installent, s'accordent... voici le premier violon et le maître, acclamé par 11500 personnes.
A mon grand étonnement, le concert commence par une sorte de présentation/générique centré sur Joe Hisaishi. 8mn musicales, parfaitement dirigées, intégrée dans son style si particulier ou les écrans feront défiler ses récompenses, la liste de ses grands concerts et une sorte de programme des grands airs que l'orchestre national de la ville de Nîmes va interpréter sous sa direction. J'ai capté ce moment, le voici.
Suit ensuite des digressions de thèmes d'une selection de films qu'il a illustré. Je ne vais pas entrer dans le détail, j'ai pris des notes et c'est mon travail sur setlist.fm !
Parlons plutôt de l'artiste, des artistes, de l'émotion qu'ils suscitent dans ce lieu magique.
Parlons plutôt de l'artiste, des artistes, de l'émotion qu'ils suscitent dans ce lieu magique.
Fini les lions, les gladiateurs... ce soir le spectacle est musical même si le thème du sang, de la violence, de la guerre seront présents à plusieurs instants.
Saviez-vous qu'Hisaishi avait refait la B.O. De 'The General", film muet du fabuleux Buster Keaton? Et qu'en plus c'est plutôt réussi? Et bien nous entamons dans le dur avec trois belles parties de cette oeuvre. Si vous ne connaissez pas, le lien est juste au dessus. C'est plus qu'un classique, c'est un incontournable avec l'une des scène les plus chère du cinéma car à l'époque on a pas les moyens de faire des maquettes...
Le son est très correct mais je trouve avec une certaine confusion dans les basses qui manquent déquilibre.
La dernière partie de "The General" est chantée par ????? . Je ne sais pas qui elle est. Je pense que son travail n'est pas au niveau du reste.
Nous poursuivons avec "le petit poucet" que je ne connais pas et la dame s'en va, ouf.
Sonatine de Kitano est à voir, à vivre je dirais. Les images de violence, cette musique si à propos, saccadée et quasi stressante. Je dis à Hélène que nous devons pour suivre l'exploitation de ce réalisateur dont nous avons déjà vu quelques œuvres (dont le très décalé "Zaitoshi".
Suivent d'autres titres issu de la collaboration avec cet auteur et c'est déjà l'entracte. Durant cette première partie, Hisaishi nous a montré ce qu'il sait faire, mieux, ce qu'il aime faire. La suite sera virtuose.
Après avoir escaladé les gradins pour ramener une Badoit et une bière, nous voyons la nuit tomber peu à peu sur l'arène alors que le spectacle reprend pour la partie d'animation que tout le monde attend.
En une suite de petits ciné concerts, Joe va nous donner un résumé de sa carrière en réarangeant les thèmes reconnaissables des films de ses amis. Il dirige, bondit vers son piano ou il joue, sourire aux levres, avant de se lever à moitié pour diriger encore avant de continuer à jouer, puis rebondir encore jusqu'au pupitre.
Qu'elle émotion, quelles larmes se sont formées en moi aux première notes de Nausicaa... Et repenser à cet avertissement écologique d'il y a 40 ans, pour ceux qui "ne pouvaient pas savoir". Vraiment?
Laputa me fera toujours voler, Totoro me fera rêver. Kiki si gentille, Porco si rebèle. La princesse, le voyage de chihiro se finit sur la lune montante et je t'offre cette vidéo, David. Que le train te ramène toujours chez toi. Ponyo, le vent se lève, voici l'unique Takahata qui nous emmène dans un conte fabuleux avec sa princesse Kaguya et Garçon et le héron (synthèse de tout) pour clore la série. Hisaishi, dans son costume de satin de soie, est une sorte de génie sur lequel le temps n'a pas d'emprise. Il a 75 ans, en parait... 75 mais son corps lui est celui d'un jeune homme, sportif, qui coure partout sur scène.
Saluant devant une assemblée en total stand up, il va chercher les chanteuse en coulisse, présente ses musiciens... Et nous reprenons pour un unique rappel avec le thème final de Totoro.
Sortie de là en prenant notre temps, nous allons trinquer au champagne dans le bar brasserie en face des arènes. Je vais chercher des frites et deux demis (d'une bière inqualifiablement mauvaise) avant de récupérer notre brumisateur (et de laisser un ticket trouvé à la sortie). Nous rentrons tranquillement dans les rues de Nîmes au milieu des camés à la bombe chantilly.
Ce matin nous sommes allés au temple de Diane, à la porte d'Auguste et à l'église d'à côté histoire de prendre le frais. Nous avons acheté un sandwich au passage pour Hélène (je finis mes restes de chorizo camembert de la veille) que nous avalons dans un parc proche de l'église. Et puis go la gare, le TGV, et j'écris ces lignes. Nous venons de croiser Melun. Un article c'est littéralement un voyage.
Je crois que je ne réalise pas ce que nous avons fait. C'est pas grand chose et si extraordinaire. C'était tellement une merveille ce live. Tellement parfait. Oui, c'est possible de faire des choses comme ça en ce monde. Je suis privilégié de l'avoir vécu. Merci.
Setlist :
1 - Introduction
2 - The General (Part 1)
3 - The General (Part 2)
4 - The General (Part 3) (With Singer)
5 - Le Petit Poucet (With Singer)
6 - Sonatine
7 - Brother
8 - HANA-BI
9 - Kids Return
10 - Nausicaa of the Valley of the Wind
11 - Laputa: The Castle in the Sky
12 - My Neighbor Totoro
13 - Kiki's Delivery Service (for orchestra)
14 - Porco Rosso
15 - Princess Mononoke (With Singer)
16 - Le voyage de Chihiro (With Singer)
17 - Ponyo on the Cliff by the Sea
18 - The Wind Rises
19 - Le conte de la princesse Kaguya
20 - The Boy and the Heron Suite for Piano and Orchestra
Encore :
21 - Tonari no Totoro
Pas de T-Shirt, il n'y avait que des CDs et des Vinyles. Tant pis pour cette fois!

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