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dimanche 25 septembre 2016

ENNIO MORRICONE : 60 ans de Maestro.


Presque 15 ans se sont écoulés depuis le fabuleux concert de 2002. J'ai, pour cet événement, une pensée particulière tant l’émotion que j'ai vécu ce jour là était intense, presque au delà du descriptible.

Retour donc au palais des congrès, en compagnie de mon épouse cette fois. Dire qu'en 2002 nous ne nous étions pas encore rencontrés... Ma maman et son ami sont également de la partie mais ils sont placés plus en arrière; cette fois j'ai opté sans concession pour le carré or. Nous sommes donc au 10e rang, sur la gauche.

Les musiciens s'installent, presque à l'heure... C'est l'orchestre National Tchèque. Surprise, cette fois il y a des micros et donc de l'amplification. Autant le gros son me plait pour les événements métaleux, autant je trouve cela dommage pour les concerts classiques ; cela dénature la chaleur naturelle des instruments.

C'est ensuite l'arrivée du maestro. C'est à présent un vieux monsieur et nous percevons sa difficulté à se mouvoir. D'ailleurs, une personne de la sécurité reste proche de lui, prête à intervenir si besoin. L'estrade elle-même a été aménagée avec une sorte de siège haut lui permettant de s’asseoir pour diriger. A noter, nous aurions du le voir en mai et ce sont des problèmes de dos qui l'ont contraint à repousser la représentation à la fin septembre.

Grosse ovation, habituelle pour lui, et début du récital avec un programme original laissant la part belle aux classique mais donnant aussi l'opportunité de découvrir d'autres œuvres moins connues.
Le son est mal balancé ; trop de violons que seuls les aubois arrivent à concurrencer. Même la soprano (pourtant amplifiée elle aussi) sera couverte par le groupe cordé.

Evidemment, le public attends les composition Western, les plus célèbres. C'est au cours de ces dernières qu'entrera la soliste (Susanna_Rigacci) pour un court moment de vocalises avant l'entracte. L'interprétation est parfaite et c'est d'autant plus dommage avec un si mauvais son.

La deuxième partie sera orientée sur des titres plus modernes mais très bien servis et d'un interret certain. C'est déjà la fin de deux heures de musique, la salle est conquise, applaudit à tout rompre. Nous aurons 3 rappels dont "Extasy of gold" qui parle directement à l'enfant que j'étais pour diverses raisons.

La setlist (sauf erreur) :

Première partie :
Volti e fantasmi ("The Best Offer")
The Legend of the Pianist ("The Legend of 1900")
Ribellione ("Baaria")
Chi mai ("Maddalena")
H2S ("H2S")
Metti, Una Sera a Cena ("Metti, Una Sera a Cena")
Croce d'amore ("Metti, Una Sera a Cena")
The Good, the Bad and the Ugly ("The Good, the Bad and the Ugly")
C'era una volta il west (Jill's Theme,  "Once Upon a Time in the West")
Giù la testa: (Sean, Sean, "A Fistful Of Dynamite")
The Ecstasy of Gold ("The Good, the Bad and the Ugly")

Deuxième partie : 
L'ultima diligenza di Red Rock ("The Hateful Eight")
Bestiality("The Hateful Eight" & "The Thing")
Deborah's Theme ("Once Upon a Time in America")
Addio Monti
Thème de Vatel ("Vatel")
Per le antiche scale (Preludio, "Per le Antiche Scale")
Irene-Dominique ("L'eredita Ferramonti")
Do Dreams Go On ("The Red Tent")
They're Alive (SOS, "The Red Tent")
Other Who Will Follow Us ("The Red Tent")
Gabriel's Oboe ("The Mission")
Falls ("The Mission")
On Earth as It Is in Heaven ("The Mission")

Encore:
Abolisson (''Queimada'')
The Ecstasy of Gold ("The Good, the Bad and the Ugly")
On Earth as It Is in Heaven ("The Mission")

Au final un excellent moment que j'ai pu partager avec mon épouse (ce qui est assez rare pour être souligné). Ennio a 87 ans, on le sent que son physique a du mal à suivre (même s'il a encore une volonté visible à chaque instant). Cette tournée des 60 ans de carrière est sans doute la dernière et dans tous les cas il serait raisonnable qu'elle le soit. Quel que soit l'avenir, c'était un bon résumé de ce qu'il a pu apporter au monde de la musique et celle du cinéma en particulier. Ce concert sonne un peu comme un "au revoir" pour moi. Je continuerais à l'écouter sans limite car  j'adore son oeuvre mais je ne pense plus l'entendre encore en vrai.





En 2016 même les affiches sont à présent numériques.




Contraste avec l'interdiction de prendre des photos ou de filmer le concert. 
(Bravée par bon nombre de spectateurs évidemment).











Et j'ai même eu un T-Shirt à un tarif abordable à la boutique du palais!
(Noter la petite étiquette brodée des 60 ans de musique).


vendredi 18 octobre 2002

Morricone : Il était une fois l'émotion.


Changement de registre. Musiques de films, Western. un nom : Ennio Morricone. Tout le monde a vibré dans les salles obscures, sur ses mélodies grandioses. Alors que pouvait être un concert "ique" du maestro?

Première chose : Pour satisfaire à cette curiosité, il faut avoir quelques moyens : 106 euros la place en seconde catégorie. C'est un privilège. Et pourtant, je redonnerai mes sous avec joie si je pouvais renouveler l'expérience.

Nous sommes au Palais des Congrès, en octobre 2002. Placés un peu à droite, dans le premier tiers de la salle. Fauteuils confortables, ambiance feutrée. Première partie? Evidemment non. Pas besoin de chauffer. La chaleur est là, à l'intérieur.

L'orchestre s'installe. Quatre-vingt musiciens, une centaine de choristes. Ici, pas d'ampli, pas de wawa... Juste des vibrations au naturel. Y'a pas à dire, ça aussi, ça "pousse".
Ovation pour le petit bout d'homme qui s'installe sur le devant de la scène. Il ouvre son livret, lève sa baguette et...

Et la suite est un rêve, ou plutôt la musique qui va avec. Le son est pur, l'ambiance est douce. Le public ne bouge pas... silence, respect. Les rares égarés qui applaudissent en dehors des créneaux impartis se font copieusement réprimander. Par contre, entre chaque titre, c'est la foire! Standing ovation. Il y a même des gens qui descendent jusqu'au bord de la scène pour applaudir (et qui remontent pour aller écouter la suite).

Jusqu'ici, tout va bien. Sauf qu'Ennio fait rentrer celle dont j'ai oublié le nom, la soprane avec la robe rouge. Quand elle a entamé "il était une fois dans l'ouest", j'ai pensé qu'on ne pouvait pas faire mieux, qu'une voix pareille tenait du prodige. Et pourtant, sur la mélodie de "Extasy of gold" j'ai cru que j'allais défaillir. Si tant est, d'ailleurs, que j'ai pu penser à quelque chose à ce moment précis. Je ne bougeais plus, je ne respirais plus, je ne pouvais réprimer les larmes qui dégoulinaient sans arrêt. C'était trop bon, trop beau, trop fort et je n'attendais pas une émotion pareille. Une telle chaleur dans la musique, une vibration dans la voix... Et les cœurs derrière tout cela... Avec ce petit bonhomme qui dirigeait son monde avec une énergie à revendre.

Il y eut des rappels... La salle était debout et a applaudit sans discontinuer durant 10 minutes. Je n'ai jamais vu ça ailleurs.

La conclusion en un seul mot? Fascinant.




mardi 21 juin 1983

Episodes II & III : Les concerts clones

C'était l'époque où mon papa s'intéressait un peu à l'actualité musicale. En fait, je devrais plutôt dire « s'y ré-intéressait » vu qu'avant ma naissance, il y a eu un précédent : avec ma mère, ils s'étaient payé une platine vinyle et pas mal de ces galettes noires qui vont avec.

Si j'en crois les résultats des fouilles archéologiques que j'ai menées dans le grenier, leurs goûts étaient plutôt hétéroclites : j'y ai exhumé un bon paquet de 45T allant des Sardanes aux Beatles en transitant par la musique traditionnelle de la Légion et les Chaussettes Noires... Je sais que les disques de la légion, passés en 33, me servaient de berceuse. Mon goût pour le heavy en est peut-être (entre autre) une conséquence...

On est donc en (1983) 1985 et la platine a repris du service. Les albums se sont démocratisés, on en trouve un rayon plein à Carrefour. On m'offre des Chantal Goya... Et mon vieux se paye une bonne partie de la discographie de Michel Sardou. Son dernier album, « Vladimir Illitch », lui plaît tellement qu'il nous emmène le voir au Palais des Congrès de Paris. Ma frangine a (deux) quatre ans, c'est une expédition... Et c'est là que tout se brouille, parce qu'en 1987 il a réitéré l'exploit, et que nous sommes allés voir, au même endroit, le concert de la tournée « Musulmanes »...

De ces deux événements, très similaires, je n'ai que des souvenirs confus. Un son très fort dans l'ensemble, les lumières qui flashent sur « Musulmanes », l'orchestre sur « Les lacs du Connemara », et Sardou qui a des problèmes de voix et que l'on soupçonne de faire du play-back. Pas ou peu d'ambiance... Même constat sur les vidéos de Sardou à Bercy (1998 et 2001). Je crois que c'est une question d'artiste. Sardou , on l'écoute, on passe un bon moment, mais on ne s'amuse pas. Il va falloir remédier à cela. Nous y viendrons ! :-)

Addendum 2023 : Suite à la disparition de blogueurs je reprends les différents articles qui ont été amputés de leurs illustrations point je reprends également certains textes afin de refaire la mise en page. Je constate ici que je me suis trompé sur les dates car en fouillant dans mes archives je suis retombé sur le programme du concert de 1985 et non 1983 comme je le croyais initialement. J'ai donc corrigé le texte en mettant entre parenthèses les dates et calcul d'âge qui étaient erratiques et j'ai mis en gras la véritable information.